Poser les fondations avant de monter dans le cloud : l’arme discrète des CIO pragmatiques
Industrialiser et sécuriser ses déploiements Cloud avec les Landing Zones Microsoft
Le cloud promet agilité, scalabilité, rapidité. Mais dans les faits, beaucoup d’entreprises s’y aventurent sans plan directeur. Résultat : des déploiements désordonnés, des règles de sécurité non harmonisées et une gouvernance à rebours. Le véritable symptôme d’une stratégie cloud immature : l’absence de Landing Zone.
Une Landing Zone, c’est un peu comme poser les fondations avant de construire une maison. Dans Azure, elle représente un environnement préconfiguré, prêt à accueillir des charges de travail dans des conditions de sécurité, de gouvernance et d’efficacité maîtrisées. Réseau, Identity Access Management (IAM),monitoring, budgets, logs, conformité : tout est pensé dès le départ. Résultat ? Fini les déploiements sauvages qui font exploser les coûts ou les risques.
Pourquoi c’est indispensable
Beaucoup de CIO ou CTO abordent encore le cloud comme un simple empilement de machines virtuelles à la demande. Or, adopter le cloud, c’est surtout penser une architecture industrielle, sécurisée et évolutive. La Landing Zone est cette brique de base qui rend possible une vraie stratégie. Elle offre notamment la possibilité de :
- prévenir la dérive du Shadow IT,
- répondre aux exigences RGPD, NIS2 ou ISO27001 dès les premières lignes de code,
- réduire le time-to-cloud grâce à des modèles réutilisables et validés,
- impliquer les équipes métiers, réseau et sécurité dès la conception,
- soutenir la mise en place d’un Cloud Center of Excellence (CCoE).
En résumé, ce n’est pas un luxe, mais une condition sine qua non pour que le cloud tienne ses promesses.
Ce que dit Microsoft (et pourquoi vous devriez l’écouter)
Dans son Cloud Adoption Framework , Microsoft définit les Landing Zones comme « la base d’un environnement de cloud bien gouverné ». Il propose plusieurs modèles prêts à l’emploi (modulaire, entreprise, start-up, etc.), que les CIO peuvent adapter selon leur niveau de maturité cloud.
Dans un autre article, Microsoft recommande de bien choisir sa Landing Zone dès le début du parcours de migration, sous peine de se retrouver bloqué à mi-chemin entre deux mondes : l’ancien système et le nouveau cloud. En clair : sans une vision claire des besoins métier et de la gouvernance cible, impossible de poser les bonnes fondations.
Ce que dit le terrain (et les cabinets)
McKinsey, dans son rapport “Ten actions to build a strong cloud foundation” , recommande de consacrer du temps aux fondations avant d'accélérer. Leur constat est sans appel : les entreprises qui échouent dans leur adoption du cloud ont souvent sauté cette étape. PwC va dans le même sens avec une approche très opérationnelle, cette fois sur AWS : “Mitigate critical workloads with an AWS landing zone” .
En réalité, cela signifie :
- utiliser les templates validés par Microsoft,
- avancer progressivement, en évitant les “big bangs”,
- tester, ajuster, gouverner,
- et surtout, travailler avec des partenaires certifiés, capables d’adapter les recommandations à la réalité du terrain.
Ce que beaucoup ont encore du mal à voir
La Landing Zone est, par nature, ce que beaucoup n’aperçoivent pas dans un projet cloud : une infrastructure discrète, sans effet « waouh » immédiat, mais qui conditionne la réussite à long terme. Elle n’offre ni tableau de bord éclatant, ni économies instantanées, mais elle garantit que la stratégie cloud ne se transformera pas en chaos après six mois.
Loin d’être un frein, la Landing Zone agit comme un accélérateur durable : elle permet de sécuriser les déploiements, de répondre aux exigences de conformité et d’anticiper les besoins de scalabilité. En somme, elle transforme le cloud en véritable levier de performance plutôt qu’en source de complexité.