Ethique et AI

Éthique, gouvernance et régulation de l’IA

Author: Proximus NXT
22/01/2026
Artificial intelligence

L’essor rapide de l’intelligence artificielle ouvre des perspectives immenses : amélioration des soins de santé, automatisation de tâches pour accroître la productivité, soutien à l’apprentissage et à la formation, ou encore assistance dans la vie quotidienne. Mais ces opportunités s’accompagnent d’enjeux majeurs. Comment s’assurer que l’IA reste au service de l’humain, sans dérives ni abus ? Trois dimensions sont indissociables : l’éthique, la gouvernance et la régulation.

 

L’éthique : poser les principes fondateurs

L’éthique de l’IA ne se résume pas à « éviter les biais ». Elle consiste à définir les valeurs et principes qui doivent guider le développement et l’usage de ces technologies :

Équité et non-discrimination : éviter que des IA de recrutement défavorisent les femmes ou les minorités.

Transparence et explicabilité : permettre aux utilisateurs de comprendre comment un algorithme prend ses décisions.

Respect des droits humains : garantir que les usages de l’IA n’entraînent pas de surveillance abusive ou de restrictions de liberté.

Durabilité : réduire l’empreinte écologique des modèles d’IA, souvent gourmands en énergie.

En novembre 2021, les 193 États membres de l’UNESCO ont adopté la Recommandation sur l’éthique de l’IA¹, un texte normatif qui vise à poser ces bases éthiques à l’échelle mondiale.

 

La gouvernance : traduire les principes en pratiques

Définir des valeurs ne suffit pas : il faut aussi les appliquer. C’est le rôle de la gouvernance de l’IA, qui consiste à mettre en place des mécanismes concrets de contrôle et de supervision. Cela passe par :

  • des comités éthiques internes pour examiner les projets sensibles,
  • des systèmes d’audit réguliers afin de détecter et corriger les biais,
  • des processus de gestion des risques comparables à ceux appliqués dans la cybersécurité,
  • des mécanismes d’explicabilité permettant de rendre les algorithmes compréhensibles pour les décideurs et les utilisateurs.

 

En mars 2023, des personnalités comme Elon Musk, Steve Wozniak et Yuval Noah Harari ont signé une lettre ouverte appelant à un moratoire sur le développement des IA les plus puissantes². Leur objectif : instaurer un temps de réflexion pour définir des protocoles de gouvernance robustes avant que ces technologies n’échappent au contrôle. Le Future of Life Institute a par la suite publié un rapport de suivi intitulé Policymaking in the Pause³, qui explore des pistes concrètes pour traduire cette gouvernance en politiques publiques.

 

La régulation : fixer le cadre légal

Enfin, la régulation vise à encadrer juridiquement les usages de l’IA. Elle s’impose de plus en plus comme un enjeu stratégique.

En Europe, la loi sur l’IA (AI Act), entrée en vigueur en août 2024, impose des règles strictes, en particulier pour les systèmes à haut risque (santé, éducation, sécurité publique, etc.). Elle établit une classification des risques (inacceptable, haut, limité, minimal) et définit les obligations correspondantes.

Aux États-Unis, l’Executive Order on AI (octobre 2023)⁵ fixe des directives pour les agences gouvernementales et encourage une supervision plus stricte des grands modèles d’IA.

Au Canada, un Code de conduite volontaire⁶ engage les acteurs privés à développer des IA de manière responsable.

Les entreprises technologiques se dotent aussi d’outils concrets, comme le filigranage des contenus générés par IA (Google, Meta, OpenAI, Midjourney) ou la « Coalition pour la provenance et l’authenticité des contenus (C2PA) »⁷ lancée par Microsoft, Adobe et Intel.

Europol a par ailleurs alerté sur les risques concrets d’une IA mal encadrée : désinformation à grande échelle, escroqueries automatisées, création de logiciels malveillants⁴.

 

Une responsabilité partagée

L’éthique, la gouvernance et la régulation de l’IA ne peuvent être dissociées. Les régulateurs fixent le cadre, les entreprises doivent mettre en place des pratiques concrètes, et la société civile joue un rôle de vigie.

Chez Proximus NXT, nous nous engageons à appliquer strictement les régulations européennes, en particulier celles liées à la protection des données et au respect de la vie privée. Nous intégrons des mécanismes d’explicabilité et de contrôle pour que l’IA serve les intérêts des entreprises et de leurs clients, dans le respect de principes éthiques solides.

L’IA n’est pas seulement une question de technologie, mais aussi de confiance. Et cette confiance ne se décrète pas : elle se construit en associant des valeurs éthiques claires, une gouvernance opérationnelle et une régulation efficace. C’est à ce prix que l’IA pourra devenir un levier de progrès durable, plutôt qu’un facteur de risque.

 

Sources:

1.    Éthique de l’intelligence artificielle, UNESCO
2.    Pause Giant AI Experiments: An Open Letter, Future of Life Institute
3.    Policymaking In The Pause, Future of Life Institute – https://futureoflife.org/document/policymaking-in-the-pause/
4.    The impact of Large Language Models on Law Enforcement, Europol
5.    Executive Order on the Safe, Secure, and Trustworthy Development and Use of Artificial Intelligence, The White House
6.    Ottawa adopte un code de conduite volontaire pour l’industrie de l’IA, Radio Canada
7.    Coalition for Content Provenance and Authenticity (C2PA)